On annonçait le chaos, on prédisait la faillite, on voyait déjà Rome isolée. Deux ans après l’arrivée au pouvoir de Giorgia Meloni, c’est tout l’inverse qui se produit. La coalition formée avec Matteo Salvini et Forza Italia tient bon et, mieux encore, elle gouverne avec des résultats que Bruxelles et Paris n’osent même plus promettre. Pendant que la France s’enfonce dans la dette et les promesses creuses, l’Italie prouve qu’une droite unie peut diriger un pays.
Par la rédaction de Soleil Levant
Une alliance improbable devenue réalité
En octobre 2022, Giorgia Meloni arrive à la tête du gouvernement avec la Lega de Matteo Salvini et Forza Italia, héritière de Silvio Berlusconi. Trois familles politiques, trois égos, trois univers : conservateur, souverainiste et libéral. Beaucoup riaient à l’époque :
« Cette coalition ne tiendra pas six mois. »
Vingt-trois mois plus tard, elle est toujours debout. Pourquoi ? Parce que chacun joue son rôle. Meloni incarne l’autorité et fixe le cap. Salvini occupe le terrain des colères populaires. Forza Italia rassure Bruxelles et les marchés en maintenant une ligne libérale. Ce n’est pas une fusion idéologique, mais un pacte de responsabilités. Et contre toute attente, cela fonctionne.
L’économie : Rome redresse pendant que Paris s’effondre
La croissance reste faible (+0,7 % en 2024), mais l’exploit est ailleurs : dans les comptes publics. En deux ans, le déficit est passé de 8,6 % du PIB en 2022 à 3,4 % en 2024.
L’Italie est aujourd’hui la seule capitale du G7 à avoir retrouvé un excédent primaire, malgré une dette publique qui dépasse toujours les 3 000 milliards d’euros. Le chômage, lui, a reculé à 6 %, son plus bas niveau depuis 2008.
Immigration : fermeté sans hypocrisie
C’est le sujet qui divise toute l’Europe, mais que la coalition italienne affronte sans détour.
D’un côté, la fermeté : accords conclus avec la Tunisie, la Libye et l’Albanie pour contenir les flux irréguliers. De l’autre, le pragmatisme : 500 000 visas de travail prévus entre 2026 et 2028 afin de répondre à un besoin économique vital.
Car la réalité est brutale : avec seulement 1,18 enfant par femme et une population en recul de 37 000 habitants en 2024, l’Italie vieillit à grande vitesse. Sans main-d’œuvre étrangère, certains secteurs s’effondreraient. En 2024, les arrivées irrégulières avaient chuté de 61 %, avant de repartir à la hausse début 2025. Mais au moins, Rome agit. Là où d’autres se contentent de discours, l’Italie met en place des accords, des chiffres et des résultats.
Diplomatie : le pragmatisme avant tout
On annonçait une Italie isolée, en rupture avec l’Europe. C’est tout le contraire. Le gouvernement respecte ses engagements budgétaires, soutient l’Ukraine et participe pleinement aux mécanismes européens. Meloni parle souveraineté mais gouverne avec réalisme.
Les liens avec Washington se sont renforcés et Rome joue un rôle accru dans l’OTAN. Avec le Plan Mattei – un fonds de 5,5 milliards d’euros pour l’Afrique – l’Italie entend replacer la Méditerranée au cœur de sa stratégie, non comme spectatrice, mais comme puissance d’influence. Pendant que d’autres subissent les crises, Rome avance.
Une leçon pour l’Europe
Oui, la coalition italienne est traversée de tensions. Oui, Meloni et Salvini se disputent parfois. Mais le fait est là : ils gouvernent, ils tiennent, et ils obtiennent des résultats.
Forza Italia joue le rôle d’équilibre, Meloni incarne l’autorité, Salvini défend la souveraineté populaire. Ensemble, ils forment une machine politique improbable mais redoutablement efficace. Dans une Europe en quête de repères, l’Italie prouve qu’il est possible d’unir l’autorité, l’économie de marché et l’enracinement.
Ce que les élites disaient impossible, le peuple italien l’a déjà rendu possible.