Douze ans après les immenses cortèges contre la loi Taubira, l’ombre d’un nouveau bras de fer plane sur la France.
Hanane Mansouri, députée de l’UDR (Union des Droites pour la République, le parti d’Éric Ciotti), a déposé une proposition de loi visant à inscrire dans la Constitution l’interdiction de la gestation pour autrui.
[NDLR : la gestation pour autrui (GPA) désigne le recours à une femme pour porter un enfant destiné à un autre couple.]
Cette initiative est une réponse directe aux propos de Gabriel Attal, qui souhaite rouvrir le débat sur la légalisation de la GPA. Une confrontation frontale, qui rappelle étrangement le choc de 2013.
En avril 2013, la loi Taubira ouvrait le mariage et l’adoption aux couples de même sexe. Une réforme saluée par certains comme un progrès, mais vécue par d’autres comme une rupture.
La réponse fut massive : la Manif pour tous descendait dans la rue, rassemblant des centaines de milliers de Français derrière un mot d’ordre clair – non à la loi Taubira.
Aujourd’hui, l’histoire semble se répéter . La GPA devient le nouveau champ de bataille. Et une fois encore, les lignes de fracture apparaissent : progrès contre identité, égalité contre filiation, liberté contre ordre.
Les réseaux de 2013 n’ont pas disparu. Associations familiales, mouvements conservateurs, collectifs religieux : tous pourraient se rallumer. La proposition Mansouri agit comme une étincelle.
Car la GPA touche à l’essentiel : la maternité, la filiation, la dignité du corps humain. Pour ses partisans, une avancée. Pour ses opposants, une marchandisation de la vie.
Le risque est clair : voir renaître des cortèges, des slogans, une mobilisation populaire capable de peser autant que les débats parlementaires.
La France pourrait revivre un scénario qu’elle croyait derrière elle. La Manif pour tous n’a peut-être jamais disparu. Elle attendait son heure. Et cette heure pourrait bien être revenue.