Dix ans après sa mise en œuvre, la réforme territoriale voulue par François Hollande s’impose comme un gouffre financier et administratif. Derrière les grands discours sur la simplification et les économies, les dépenses ont explosé, la dette publique s’est aggravée, et les cabinets de conseil privés se sont gavés. Loin d’alléger l’État, la fusion des régions l’a encore alourdi.
Par la rédaction de Soleil Levant
La promesse d’économies
En 2015, François Hollande annonçait une “révolution territoriale”. Moins de régions, moins de dépenses, plus d’efficacité. Le chiffre magique circulait partout : 12 à 25 milliards d’euros d’économies.
En réalité, cette promesse n’a jamais existé ailleurs que dans les communiqués.
La réalité des chiffres
Dès 2019, la Cour des comptes sonnait l’alerte. Loin de générer des économies, la réforme a alourdi la facture. Entre 2015 et 2018, les dépenses de fonctionnement des régions ont augmenté de plusieurs milliards d’euros. Et ce sont justement les régions fusionnées qui ont vu leurs coûts croître trois fois plus vite que celles restées intactes.
Autrement dit : moins de régions, mais plus de dépenses.
Une dette publique à un niveau record
La dette publique française atteint aujourd’hui 113 % du PIB, soit plus de 3 300 milliards d’euros. Les collectivités locales, elles, cumulent environ 250 milliards de dette. Dans ce contexte, la réforme des régions n’a rien arrangé : elle a ajouté de la lourdeur et des coûts, sans apporter de recettes nouvelles.
Un pays déjà étranglé par la dette s’est offert une réforme qui coûte plus cher qu’elle ne rapporte.
Les vrais gagnants
Ce ne sont ni les citoyens ni les contribuables. La fusion des régions a multiplié les strates administratives, créé des doublons, et ouvert la porte à une armée de consultants privés. Derrière chaque nouvelle “réorganisation”, des cabinets de conseil ont facturé des millions.
Les technocrates ont grossi. Les habitants, eux, ont payé.
Les territoires oubliés
La réforme a aussi fracturé les identités régionales. L’exemple le plus criant reste l’Alsace, avalée par le “Grand Est” contre l’avis massif de sa population. Partout, les Français ont eu le sentiment que leurs territoires perdaient leur voix au profit d’entités géantes, lointaines et impersonnelles.
Au lieu de rapprocher l’État des citoyens, la réforme l’a éloigné d’eux.
Une leçon politique
La réforme des régions devait alléger la France. Elle l’a alourdie. Elle devait simplifier. Elle a compliqué. Elle devait rapprocher l’État des territoires. Elle les a éloignés.
Dix ans plus tard, une évidence s’impose : cette réforme est l’un des grands échecs politiques et financiers de la Ve République.



