La fusion des trois anciennes régions — Alsace, Lorraine et Champagne-Ardenne — devait être un modèle d’efficacité administrative. Dix ans après, elle incarne le cauchemar technocratique. Trois capitales, des coûts démultipliés, une identité rejetée : le Grand Est est devenu le symbole d’une réforme hors-sol.
Par la rédaction de Soleil Levant
Trois sièges, trois fois plus de dépenses
Strasbourg, Metz, Châlons-en-Champagne. Au lieu d’unifier, la nouvelle région a conservé trois centres administratifs. Un choix absurde, qui génère chaque année des millions d’euros de dépenses en loyers, déplacements et doublons logistiques.
Le Comité des Finances Locales estimait dès 2019 que les coûts de la fusion avaient été 30 % plus élevés que prévus. La simplification annoncée s’est transformée en un monstre à trois têtes.
Une bureaucratie tentaculaire, des économies introuvables
La promesse était claire : faire mieux avec moins. La réalité est brutale : plus de structures, plus de personnel, plus de confusion.
Les services n’ont pas été fusionnés. Ils ont été dupliqués.
Entre 2015 et 2020, les dépenses régionales ont bondi de plusieurs milliards d’euros. La dette des collectivités locales, elle, dépasse aujourd’hui les 250 milliards.
Un millefeuille réchauffé. Encore plus indigeste qu’avant.
Une entité sans âme, un territoire qui grince
“Grand Est” : un nom administratif, sans racines, sans légitimité, sans cohérence culturelle.
Depuis dix ans, l’Alsace réclame son autonomie. À Strasbourg, Mulhouse, Colmar, des manifestations ont rassemblé toutes les générations et toutes les tendances. Le rejet est massif, durable, transpartisan.
Une réforme rejetée par ceux qu’elle est censée aider est une réforme morte.
De la promesse à l’échec
Le Grand Est devait montrer la voie. Il montre surtout les limites d’un centralisme technocratique qui écrase les territoires.
Une région ingérable. Des coûts en spirale. Des citoyens désabusés.
Le désastre n’est pas seulement économique. Il est politique, démocratique, humain.



