Dans une Espagne où la droite traditionnelle s’efface sous le poids du centrisme et de la compromission, VOX s’impose comme la voix tranchante d’un peuple lassé des renoncements. Entre exclusions médiatiques, diabolisation politique et mobilisations populaires, le parti de Santiago Abascal ne gouverne pas, mais il dérange. Et parfois… il gagne.
Par la rédaction de Soleil Levant

Une droite classique fatiguée, un électorat orphelin
Depuis la transition démocratique, l’Espagne a connu une alternance molle entre le PSOE et le PP. Chaque changement de majorité signifiait une poussée du progressisme, l’effacement des traditions, la marche forcée vers Bruxelles. Même la droite a fini par intégrer ce logiciel.
Face à ce consensus, VOX a émergé comme un électrochoc. Fierté nationale, ordre, tradition, souveraineté : le parti redonne la parole à ceux qui ne se reconnaissent ni dans l’Espagne urbaine postmoderne ni dans les injonctions communautaristes.
Une stratégie d’îlot : minoritaire mais incontournable
Aux élections de 2023, VOX recule, de 52 à 33 sièges. Un recul qui masque une progression stratégique : dans certaines provinces, il est le seul contre-pouvoir réel. Dans plusieurs régions, il impose sa marque sur l’immigration, la sécurité, la défense de l’identité, parfois aux côtés du PP.
Refusé dans les débats, caricaturé par la presse, exclu des alliances nationales, VOX transforme la marginalisation en moteur : il incarne la résistance. Une résistance visible dans les cortèges, les campagnes rurales, et les réseaux sociaux.
Immigration, identité, sécurité : la ligne de rupture
VOX ne parle pas de « régulation » : il exige la fermeté. Suppression des aides automatiques aux immigrés illégaux, priorité nationale, fermeture des mosquées radicales, retour de l’ordre public dans les quartiers abandonnés.
Sur l’identité, VOX refuse les lois de « mémoire démocratique » réécrivant l’histoire. Il défend l’unité espagnole contre les dérives indépendantistes, surtout en Catalogne. Aucun compromis avec les régionalistes : le message est clair, tranchant, non négociable.
Europe : défiance assumée
VOX défie Bruxelles : pas de sortie, mais priorité au droit espagnol, défense des frontières, refus de l’ingérence idéologique. Une ligne proche de Meloni( Italie : la droite unie qui déjoue tous les pronostics )et Orbán, mais avec sa marque : discours civilisationnel, chrétien et hispanique, face au relativisme occidental.
Une jeunesse mobilisée, une base solide
Loin d’être un parti de retraités, VOX séduit une jeunesse conservatrice, patriote, souvent diplômée, en rupture avec les codes dominants. Universités alternatives, influence YouTube, actions sur TikTok : la nouvelle droite espagnole se construit en contre-culture, mêlant histoire impériale et débats contemporains.
Une leçon pour la droite européenne
VOX montre qu’on peut être caricaturé, diabolisé, et pourtant progresser. À condition de tenir une ligne claire, d’assumer le conflit culturel, et de refuser les compromis tactiques.
L’Espagne prouve qu’une droite identitaire, libérale et souverainiste peut survivre — même minoritaire — si elle reste fidèle à sa base. Elle peut redevenir majoritaire. À condition de ne jamais se renier.



