Par la rédaction de Soleil Levant
Dans le monde d’aujourd’hui, le pouvoir ne se limite plus aux armées ou aux frontières : il se joue dans les algorithmes et la maîtrise des données. Google, avec 92 % des parts de marché de la recherche en ligne dans le monde, façonne l’information que nous consommons. Chaque requête, chaque clic, chaque mot-clé enrichit un écosystème qui influence notre perception du réel.
De l’autre côté, en Chine, Xi Jinping impose un contrôle numérique total. Le Great Firewall filtre plus de 10 000 sites étrangers, la surveillance des réseaux sociaux s’étend aux messages privés, et des systèmes d’IA analysent le comportement des citoyens pour prédire et sanctionner les “écarts” à la norme. Là où Google domine par l’algorithme et l’influence commerciale, Pékin domine par l’encadrement politique et l’autorité directe.
Le contraste est saisissant : en Occident, la liberté semble totale, mais l’information est manipulée par des entreprises privées dont les choix sont opaques. En Chine, la liberté est limitée, mais la logique est claire : contrôler l’information pour maintenir la stabilité politique et l’ordre social. Dans les deux cas, le citoyen voit ses choix encadrés, consciemment ou non.
Les enjeux dépassent le numérique : ils deviennent géopolitiques. Qui contrôle les données contrôle l’économie et la diplomatie. La Chine investit 150 milliards de dollars dans l’IA et la cybersurveillance d’ici 2030. Google et ses pairs investissent des milliards dans la collecte de données et la publicité ciblée, façonnant les comportements et les opinions à l’échelle mondiale.
Pour les États européens ou émergents, la question est cruciale : comment préserver leur souveraineté quand les infrastructures et les informations critiques sont dominées par des acteurs extérieurs ? Comment garantir un espace public authentique face à la puissance des plateformes ?
Les empires numériques ne laissent rien au hasard. Que ce soit par l’algorithme de Google ou le contrôle centralisé de Pékin, la perception du monde est dirigée. La liberté de choix n’est souvent qu’une illusion. Et comprendre cette dynamique est essentiel pour mesurer le vrai pouvoir au XXIᵉ siècle.



