La chute du Premier ministre François Bayrou, renversé par un vote de confiance, ouvre une séquence politique d’une rare intensité. Car une question brûle désormais toutes les lèvres : qui peut réellement gouverner demain ?
En théorie, la Constitution offre plusieurs options. Le président de la République peut nommer un nouveau chef du gouvernement, issu d’un compromis parlementaire. Mais en pratique, les équilibres actuels rendent l’opération quasiment impossible. L’Assemblée nationale est trop fragmentée : aucune majorité claire ne se dégage entre les blocs. Les Républicains sont divisés, les socialistes isolés, et la coalition présidentielle trop affaiblie pour imposer seule une personnalité crédible.
Dès lors, la seule véritable possibilité pour retrouver une gouvernabilité rapide et stable est le retour aux urnes. C’est d’ailleurs ce que réclament avec insistance le Rassemblement national et La France insoumise : redonner la parole au peuple, clarifier les rapports de force et trancher la paralysie institutionnelle.
Le président peut être tenté de gagner du temps en nommant une figure de transition, un « technicien » ou une personnalité consensuelle. Mais une telle solution ne ferait que repousser l’inévitable : sans majorité nette, aucun Premier ministre ne peut gouverner durablement.
Ainsi, la chute de Bayrou n’est pas seulement l’échec d’un homme : elle marque l’impasse d’un système politique à bout de souffle. Reste à savoir si Emmanuel Macron acceptera de se résigner à l’évidence et d’organiser des législatives anticipées — ou s’il choisira encore une fois la fuite en avant.



