Chapitre 3 – Les ombres de Forbach

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La pluie avait transformé les rues de Forbach en miroirs noirs. Louise avançait rapidement, son carnet serré contre elle, le regard rivé sur les façades usées des anciens bâtiments miniers. Chaque pas résonnait dans le silence de la ville en sommeil. Elle savait que derrière chaque rideau tiré, chaque boutique fermée, des histoires attendaient d’être révélées. Des histoires de pouvoir, de peur et de survie.

Elle ne l’avait pas encore vu, mais son nom circulait déjà. Victor. Des murmures dans les marchés, des silences dans les bars où l’on parle trop fort de politique. On le décrivait comme un homme qui ne fait jamais un pas sans calculer deux coups à l’avance, qui peut séduire ou écraser avec la même indifférence. Un fantôme qui marche sur la ville et que tout le monde sent venir, même sans le voir.

Louise s’arrête devant un petit kiosque abandonné, là où la mairie avait affiché ses tracts il y a encore quelques semaines. Elle prend une photo mentale des affiches arrachées, des slogans effacés, et note dans son carnet : “La ville parle plus dans le silence que dans les meetings.”

“La ville parle plus dans le silence que dans les meetings.”

Un bruit derrière elle. Un pas mesuré, lourd, mais maîtrisé. Elle se retourne, juste à temps pour voir l’ombre d’un homme disparaître derrière un coin de rue. Pas de visage, pas de nom, mais une présence qui s’impose sans parole. Son instinct lui souffle : c’est lui. Victor.

Louise s’arrête devant un petit kiosque abandonné, là où la mairie avait affiché ses tracts il y a encore quelques semaines. Elle prend une photo mentale des affiches arrachées, des slogans effacés, et note dans son carnet : “La ville parle plus dans le silence que dans les meetings.”

Un bruit derrière elle. Un pas mesuré, lourd, mais maîtrisé. Elle se retourne, juste à temps pour voir l’ombre d’un homme disparaître derrière un coin de rue. Pas de visage, pas de nom, mais une présence qui s’impose sans parole. Son instinct lui souffle : c’est lui. Victor.

Louise sent le mélange familier de peur et de fascination qui l’avait déjà effleurée au café. Elle sait que c’est le début d’une chasse silencieuse. Ici, à Forbach, la politique n’est pas seulement une question de votes : c’est un terrain de guerre, où chaque mouvement est analysé, chaque sourire scruté, et chaque alliance potentielle peut devenir trahison.

Elle continue sa route, mais maintenant, elle observe différemment. Les passants, les vitrines, les discussions dans les cafés : tout devient signe, indice, stratégie potentielle. Forbach n’est pas une ville, c’est un échiquier. Et Victor vient de poser sa première pièce.

Louise referme son carnet et serre les dents : elle n’a pas encore rencontré l’homme, mais elle sait déjà que cette rencontre va changer la ville… et sa propre vie.

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